Réunion au bureau du Secrétaire général avec le Ministre des Affaires étrangères de la Syrie, M. Khaddam, le vendredi 30 septembre 1977.

publisher: united nation Secretary-General's Office

Publishing date: 1977-09-30

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Réunion au bureau du Secrétaire général avec le Ministre des Affaires étrangères de Syrie, M. Khaddam, le vendredi 30 septembre 1977 à 10 heures.

Présents :

Ministre des Affaires étrangères Khaddam

Secrétaire général

Ambassadeur Allaf

M. Guyer

M. Urquhart

Le Secrétaire général a félicité le Ministre des Affaires étrangères pour son discours et lui a demandé ses impressions sur sa visite à Washington.

M. Khaddam a déclaré que le Président Carter souhaitait certainement avancer, mais qu’il restait encore d’importants obstacles en raison de l’attitude d’Israël, en particulier la question de la représentation palestinienne. Le Président Carter estimait que les Palestiniens devaient être représentés, mais n’était pas encore convaincu qu’ils devaient être exclusivement représentés par l’OLP. La Syrie ne pouvait accepter aucune participation palestinienne autre que l’OLP, qui avait une légitimité internationale. Un autre problème était le fonctionnement de la Conférence de Genève. Les États-Unis souhaitaient des sous-groupes géographiques, ce que la Syrie ne jugeait pas constructif. La Syrie préférait des sous-groupes fonctionnels dans lesquels toutes les parties participeraient à des questions telles que le retrait, la fin de l’état de guerre, etc. Il y a eu quelques améliorations dans la position des États-Unis, notamment le retrait aux frontières de 1967 avec des rectifications mineures, concernant les Palestiniens, ainsi que l’existence d’une entité palestinienne en Cisjordanie et à Gaza, ainsi que le droit au retour des réfugiés. Néanmoins, les efforts du Président Carter n’ont pas été suffisants pour empêcher les nouvelles implantations ou les nouvelles lois pour les habitants de la Cisjordanie. Les États-Unis n’ont pas empêché les Israéliens de créer un fait accompli. Dans ces circonstances, la Syrie n’était pas optimiste quant au processus de reprise de la Conférence de Genève d’ici la fin de l’année.

Le Secrétaire général a partagé cette impression. Les États-Unis ont fait de grands efforts, mais ont de grandes difficultés avec Israël. Les deux co-présidents souhaitaient se rendre à Genève, mais n’ont pas encore trouvé de solution à ce jour.

Même si le problème de l’OLP était résolu, la question se posait de savoir ce qui se passerait à Genève. Quels types de groupes de travail y auraient-ils, et comment la résolution 242 et le statut politique des Palestiniens seraient-ils résolus ? Les États-Unis n’accepteraient pas un amendement à la résolution 242, et ils en ont donné une interprétation en ce sens à Israël en septembre 1975. Une idée était qu’il pourrait y avoir une déclaration conjointe des co-présidents sur les droits palestiniens.

M. Khaddam a déclaré qu’il ne s’agissait pas de déclarations ou de résolutions, mais de savoir si Israël était prêt à accorder des droits nationaux aux Palestiniens. Si les États-Unis pouvaient garantir cela, aucune résolution ne serait nécessaire.

Le Secrétaire général a déclaré qu’il ne voyait pas comment la Conférence de Genève pourrait être convoquée à la fin de l’année. Il avait parlé au Secrétaire d’État Vance du rôle des Nations Unies et on lui avait dit qu’il était prévu de suivre la même procédure qu’en 1973, c’est-à-dire que les deux co-présidents demanderaient au Secrétaire général d’envoyer des invitations et de présider la Conférence.

M. Khaddam a commenté qu’ils ne donnaient au Secrétaire général que l’autorité de la Reine d’Angleterre. La Syrie souhaitait que la Conférence de Genève soit cette fois-ci une conférence substantielle.

Le Secrétaire général a exprimé l’espoir que les prochaines discussions contribueraient à surmonter les difficultés, du moins en ce qui concerne la participation de l’OLP.

M. Khaddam a déclaré qu’aucun État arabe ne pouvait parler au nom des Palestiniens ; c’était le rôle de l’OLP. Les Nations Unies devraient jouer un rôle essentiel et non simplement procédural et formel.

Le Secrétaire général a exprimé son appréciation pour l’attitude positive de la Syrie.

M. Khaddam a déclaré que la Syrie n’était pas pressée ni inquiète, car elle était convaincue que la justice prévaudrait à la fin.

Le Secrétaire général a déclaré qu’il s’inquiétait des développements de l’année prochaine s’il n’y avait pas de progrès.

M. Khaddam a déclaré que la Syrie ne serait pas le seul pays à souffrir, car l’Union soviétique, les États-Unis et l’Europe occidentale seraient également gravement affectés. Par conséquent, le Moyen-Orient était une responsabilité internationale.

Le Secrétaire général a commenté que les Neuf Européens soutenaient désormais davantage certaines des positions arabes.

M. Khaddam a demandé quand le Secrétaire général viendrait dans la région.

Le Secrétaire général a déclaré qu’il espérait qu’il n’y aurait pas de problèmes concernant le mandat de la FNUOD.

M. Khaddam a répondu qu’ils pourraient devoir créer des problèmes pour amener le Secrétaire général à Damas. Il a ensuite abordé la question de la proposition selon laquelle M. Najmudin Rifai pourrait être nommé Secrétaire général adjoint aux Affaires arabes. Il comprenait que cela pourrait poser des problèmes au sein du Secrétariat et pour le Secrétaire général. La Syrie accepterait toute décision que le Secrétaire général jugerait nécessaire, et si des difficultés survenaient, la question ne serait pas insistée. Si la Syrie devait faire une nomination, elle aurait proposé l’Ambassadeur Allaf.

Le Secrétaire général a déclaré que la question serait laissée ouverte, car il n’y avait de toute façon pas de vacance pour le moment. Il garderait cela à l’esprit, sans nécessairement limiter la possibilité à M. Rifai.

M. Khaddam a déclaré que le Secrétaire général pourrait indiquer que la Syrie soutenait pleinement cette position.

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